Bac de français : des avancées, mais des vigilances à maintenir

Le ministère prépare une évolution des épreuves du bac de français, en voie générale et technologique. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques salue des évolutions pertinentes mais reste vigilante sur les conditions de travail et l'accompagnement des élèves. Par GAËLLE MACUBA.

Un projet de réforme du bac de français attendu, mais encore perfectible

Cette réforme s’inscrit dans une volonté d’améliorer les épreuves au vu des retours et critiques adressées depuis des années et de redonner du sens à l’enseignement du français tout au long de l’année. Mais il faudrait aller au-delà en pensant le sens des apprentissages tout au long de l’année.

La réforme du baccalauréat de français est en marche. La CFDT continuera de veiller à ce qu’elle se traduise par des améliorations concrètes pour les élèves comme pour les personnels.

Plus de souplesse à l’écrit, mais des interrogations persistent

Pour la voie générale, la dissertation est maintenue sur une œuvre et son parcours. Du commentaire littéraire est proposé.

Pour la voie technologique :

  • Suppression de l’épreuve contraction-essai au profit d’un corpus argumentatif sur la littérature d’idée, avec des textes accessibles jusqu’au XXIᵉ siècle.
  • Fin du commentaire guidé, il est remplacé par un essai littéraire sur une des trois œuvres au programme (roman, théâtre, poésie).

L’objectif affiché est de réduire les aspects techniques, méthodologiques et le programme des œuvres intégrales. Le nombre d’œuvres est ainsi réduit à seulement 3. La littérature d’idée sera étudiée grâce à un corpus de textes. Pour autant, la charge de travail réelle pour les enseignant⋅es reste une préoccupation majeure.

Pour la CFDT, ces aménagements sont positifs pour les élèves de voie technologique. Ils permettent une approche plus accessible et moins formaliste. Cependant, l’allègement du travail enseignant n’est pas encore garanti, notamment en raison des préparations supplémentaires que ces nouvelles épreuves pourraient engendrer.

La fin du psittacisme à l’oral, mais des défis pour les élèves les plus fragiles

Deux évolutions du contenu sont prévues, d’une part la fin des textes imposés, d’autre part des questions de grammaire. Les élèves travailleront sur un extrait non préparé en classe, avec une préparation en loge d’1h. La grammaire sera abordée dans la 2ème partie de l’épreuve sous forme de dialogue, pour éviter un exercice trop formel.

Pour la CFDT, la mise en loge est une avancée majeure pour améliorer les conditions de travail des enseignants. La CFDT a insisté pour sa généralisation nationale. Cependant, l’absence de préparation en classe des extraits pourrait désavantager les élèves les plus en difficulté, notamment en voie technologique. Un accompagnement méthodologique renforcé sera indispensable.

Entre évolutions positives et points de vigilance

La CFDT a salué la mise en loge et la dispense de surveillance des épreuves du bac de français. Ce sont des mesures concrètes pour améliorer le quotidien des enseignant.es. La CFDT suivra de près leur application effective.

La mise en place d’un barème national est un outil indispensable pour éviter les contestations et garantir l’équité entre les candidat.es.

Enfin, cette réforme devrait permettre de donner du sens à l’enseignement du français tout au long de l’année, et pas seulement en période d’examen.

La CFDT a questionné l’harmonisation de l’organisation et l’accompagnement des élèves. Comment sera organisée la sélection des textes pour l’oral ? Quel travail caché pour les enseignant.es en sachant que toute réforme induit du travail supplémentaire d’adaptation ? Quelles mesures concrètes pour soutenir les élèves en voie technologique, notamment celles et ceux en difficulté ? Quelles possibilités d’aménagement pour les élèves à besoins éducatifs particuliers ? Au-delà du tiers temps pas toujours adaptés, sera-t-il possible d’adapter le nombre de textes, les supports ?

Les revendications de la CFDT dans cette réforme du bac de français

Une nouvelle concertation est annoncée après la révision des programmes. La CFDT restera vigilante pour que :

  • les conditions de travail des enseignant.es ne se dégradent pas,
  • les inégalités entre élèves ne s’accroissent pas, notamment avec la fin des textes préparés en classe,
  • les mesures d’accompagnement soient à la hauteur des ambitions affichées.

La CFDT revendique :

  • la nécessité d’un cadrage national strict pour l’organisation des épreuves,
  • l’importance de ne pas alourdir la charge de travail des élèves, des enseignant.es et des personnels administratifs,
  • l’adaptation des épreuves aux élèves à besoins éducatifs particuliers, au-delà du tiers temps.