108 heures dans le premier degré : le décret retiré du CSAMEN

Annoncé en audience fin août, travaillé en groupe de travail le 22 septembre, le décret sur les 108h n’est plus à l’ordre du jour du prochain CSA ministériel.

La CFDT avait vivement critiqué le projet lors des deux réunions et souhaité une véritable réflexion sans précipitation. Le Ministère a entendu.

Un projet de décret introduisant de la souplesse, mais à rebours du travail réel

Actuellement, les 108 heures annuelles se déclinent en 4 blocs :

  • les APC pour 36 heures,
  • la formation continue et les animations pédagogiques pour 18 heures,
  • les temps de concertation et de relation avec famille et partenaires pour 48 heures,
  • les conseils d’école pour 6 heures.

Ce temps n’est pas suffisant. Les heures débordent de partout, notamment le temps de rencontre avec les familles et les échanges avec les partenaires pour le suivi des élèves notamment depuis les évaluations nationales standardisées. Le volume réel dépasse allègrement les 48 heures annuelles théoriques.

Un projet ministériel qui vise à créer des passerelles entre les blocsLes 108 heures, : un temps qui explose dans le premier degré

La proposition du Ministère :

  • APC : entre 24 et 42 heures,
  • formation continue : entre 18 et 30 heures,
  • concertation en équipe et relations : entre 36 et 48 heures,
  • conseils d’école, inchangés à 6 heures.

Ce projet de décret prévoit d’instaurer de la flexibilité entre les différents blocs. Cela pourrait être une opportunité pour redonner du pouvoir d’agir aux équipes. Cependant, les fourchettes proposées à ce stade servent l’unique objectif de faire de la place pour ajouter toujours plus d’injonctions ministérielles aux professeur·es des écoles et ne pas répondre à leurs besoins réels.

Les lignes rouges pour la CFDT

  • La décision doit être à la seule main des équipes. L’IEN n’a pas à imposer une organisation. Nous avons donc rappelé le principe de la confiance.
  • La fourchette sur les relations doit être augmentée. Il est indispensable de reconnaître cette explosion du temps des relations, de par notamment des choix ministériels comme les évaluations nationales.
  • Une compensation doit être prévue pour les directrices et directeurs, déchargés déjà d’APC. La CFDT demande une compensation sous forme de décharge supplémentaire d’enseignement.
  • Les besoins individuels en formation doivent être entendus. Actuellement, les professeur·es des écoles n’ont plus le choix de s’inscrire aux formations. Tout leur est imposé notamment sur les fondamentaux. C’est d’ailleurs la seule charge administrative qui a été réduite, puisque c’est le seul document qu’ils et elles n’ont plus à remplir.

La fin de la réflexion ?

Lundi 28 septembre, le ministère a annoncé retirer ce sujet de l’ordre du jour du prochain CSA. Nous nous réjouissons que ce décret ne passe pas en l’état, sans reconnaissance de l’explosion des missions, et sans présentation de la circulaire.

Il ne faut néanmoins pas oublier que le temps de travail des professeur·es des écoles est à revoir. La CFDT est favorable à continuer la concertation sur ce sujet. Laisser les 108 heures en l’état ne nous convient pas non plus.

La CFDT demande la reconnaissance de l’explosion des temps hors la classe par une diminution du temps d’enseignement. C’est le principe du « temps de travail TTC : Toutes Tâches Comprises« . Les équipes pédagogiques ont besoin de temps pour la réflexion collective, pour des temps d’analyse de pratiques professionnelles.

La CFDT veut protéger les enseignant⋅es d’une explosion du temps de travail global, réduire le temps d’enseignement pour redonner de l’espace aux temps collectifs et ainsi donner du pouvoir d’agir aux équipes, dans un cadre national protecteur.