88 CSA-SD carte scolaire du 25 mars 2026

Veuillez trouver la déclaration liminaire lue lors du CSA SD du 25 mars 2026 et photos du rassemblement.

Monsieur le Directeur Académique, Mesdames et Messieurs les membres du CSA SD,88 CSA SD

Nous nous retrouvons aujourd’hui, après le vote du budget 2026 et la tenue des élections municipales. Cette année encore, les moyens attribués à l’école vont à l’encontre des besoins réels du service public d’éducation. Les élections, quant à elles, sont marquées par la progression fulgurante des extrêmes dans les urnes puisque, par exemple, le Rassemblement National quadruple son nombre de sièges au sein des conseils municipaux. La CFDT Éducation s’inquiète pour l’avenir des élèves français dans un tel contexte. Sauront-ils avoir la prise de recul nécessaire pour ne pas céder à l’endoctrinement permanent sur les réseaux sociaux ?

Alors que les enjeux éducatifs sont considérables — lutte contre les inégalités scolaires, accompagnement des élèves à besoins particuliers, amélioration du climat scolaire — la réponse ne peut être la réduction des moyens humains. La CFDT continue de revendiquer que la baisse démographique soit saisie comme un atout afin d’alléger les effectifs par classe. C’est le levier indispensable pour améliorer la mise en œuvre de l’école inclusive, les conditions d’apprentissage et, par extension, les résultats des élèves, tout en renforçant les équipes éducatives, de santé scolaire et administratives.

En octobre dernier, le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) tirait la sonnette d’alarme :

la santé mentale des jeunes de 5 à 25 ans se dégrade de façon préoccupante et persistante. Au collège et au lycée, plus d’un élève sur deux exprime un mal-être récurrent, et un lycéen sur quatre déclare avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année. Le nombre de jeunes sous antidépresseurs a augmenté de 60 % entre 2019 et 2023. L’heure n’est plus aux constats, mais à la recherche de solutions. Pour mieux accompagner nos jeunes, la CFDT revendique davantage de personnels : enseignants, Psy-EN, CPE, AED, AESH, médecins et infirmiers scolaires.

De plus, nous ne pouvons cautionner les injonctions toujours plus nombreuses exigeant des mesures de « renforcement » sans que les personnels dédiés soient réellement présents, disponibles et qualifiés. Comment notre employeur peut-il imposer un renforcement du plan Vigipirate, du plan santé mentale, du dispositif pHare, et tant d’autres (EVARS, Laïcité…), en sollicitant systématiquement les mêmes agents ? Ces derniers, habités par la volonté de bien faire, se retrouvent pris dans une spirale infernale, avec le sentiment constant d’un risque accru en cas d’erreur.

Si la santé mentale des jeunes est fragile, celle des personnels est éprouvée.

Comment gérer la charge émotionnelle devant la détresse d’élèves qui se confient ? Comment absorber la charge professionnelle face à l’intensité et la multiplication des tâches ? Quelles réponses l’administration propose-t-elle lorsque les personnels signalent leurs difficultés via le registre SST ou VDHA ? Nous sommes régulièrement saisis par l’absence de réponse valable face aux risques psychosociaux (RPS). Cette absence de protection réelle, conjuguée au silence ou à la lenteur de prise en compte des difficultés, est une source profonde de détresse.

Si la formation professionnelle est une partie de la réponse, elle ne peut être l’unique solution, surtout lorsqu’elle est imposée hors temps scolaire (mercredis, soirées, congés). L’agent doit pouvoir se consacrer à sa vie personnelle pour garantir l’équilibre nécessaire à sa santé.

Au-delà de ce contexte national, les difficultés des équipes éducatives vosgiennes vont s’amplifier : 66 fermetures sont prévues dans le premier degré et l’équivalent de 21 ETP sera retiré dans le second degré. Dans un tel contexte, la CFDT peine à croire que les conditions d’exercice des agents vosgiens vont s’améliorer. Cette baisse démographique aurait dû être l’occasion de préserver leur santé et leurs conditions de travail. Bien que nous notions des efforts sur la DHG des SEGPA et la création de trois dispositifs ULIS, nous ne pouvons nous satisfaire de ces retraits de postes.

Ces suppressions vont, une nouvelle fois, avoir un impact lourd :

la multiplication des services partagés oblige désormais certains collègues à se déplacer sur trois sites. La CFDT rappelle que les contraintes routières en zone rurale sont bien plus fortes que dans les grandes agglomérations. Nous demandons que cette pratique demeure marginale, car elle expose les personnels à une fatigue accrue et à des risques routiers évitables.

La CFDT continuera à porter ces exigences et à défendre un service public d’éducation ambitieux, au service de la réussite de toutes et de tous.

Merci pour votre écoute.