88 1D CSA-SD carte scolaire du 30 mars 2026

Veuillez trouver la déclaration liminaire lue lors du CSA SD du 30 mars 2026

Monsieur le Directeur Académique, Mesdames et Messieurs les membres du CSA SD,88 CSA SD

 

Comme chaque année, les décisions budgétaires pour l’Éducation nationale se traduisent par des coupes franches et de nombreux rendus de postes. Comme chaque année, le département des Vosges n’est pas épargné. Pourtant, la situation démographique de notre département ne peut se réduire à une simple variable d’ajustement comptable. L’an dernier, nous avons entonné en chœur « Les Oubliés » ; aujourd’hui, c’est  « monsieur le Président » que nous aurions pu chanter.

La France, grande puissance économique, ne peut plus se satisfaire de stagner en queue de peloton de l’investissement par élève au sein de l’OCDE. Ce que nous vivons aujourd’hui s’apparente à une gestion de crise permanente : crise du recrutement dans tous les corps de métiers et déshérence d’un territoire vosgien qui subit de plein fouet la désindustrialisation.

L’attractivité de nos métiers est en jeu, et avec elle, l’accès essentiel aux médecins scolaires, aux psychologues et aux orthophonistes. Ce suivi est pourtant le seul rempart permettant à certains élèves de surmonter leurs difficultés de santé ou d’apprentissage. Sans une amélioration concrète et immédiate, cette prise en charge restera un vœu pieux.

Derrière les chiffres de la carte scolaire, ce sont les conditions de travail qui se dégradent : les classes qui se surchargent, le nombre de signalements dans les registres qui s’accroit d’année en année. La CFDT Education Formation Recherche Publiques Lorraine vous demande,  Monsieur le DASEN, de porter la voix de notre territoire auprès du ministère : il est impératif que la France s’aligne enfin sur les standards européens en termes de taux d’encadrement.

Lors de ce CSA SD , nous serons particulièrement vigilants sur les points suivants :

  • Le seuil des 24 élèves : Un regard attentif doit être porté sur toutes les écoles dont la moyenne par classe dépasse ce chiffre après fermeture.
  • L’équité territoriale : Les décisions doivent intégrer l’Indice de Position Sociale (IPS), mais aussi l’isolement, la ruralité et la fluctuation des effectifs en cours d’année.
  • Les classes de CM :  Une attention particulière est requise pour les effectifs de CM dans les écoles à classes dédoublées, afin d’éviter des reports de charge insupportables sur les cycles non dédoublés.
  • Les écoles accueillant des dispositifs ULIS ont besoin de temps d’échange et d’une baisse réelle des effectifs globaux. Augmenter le nombre d’élèves par classe dans ces établissements dégrade les conditions d’apprentissage pour tous.
  • Les changements de temps de décharges pour les directeurs d’écoles après fermeture
  • Les moyennes d’élèves par classe et nombre de classes après fermeture dans les RPI

Aussi, la CFDT réitère sa profonde déception face à la proposition de suppressions des postes des Brigades d’Intervention Ruralité. Ces dispositifs permettaient une remédiation efficace et offraient un « temps de souffle », une aide précieuse aux collègues. Leur disparition sur deux ans, cumulée à l’érosion des RASED, prive les élèves les plus fragiles d’un enseignement bénéfique et spécialisé.

Enfin, concernant l’école inclusive, nous vous interrogeons à nouveau sur la liste des postes ouverts à l’interdegré.

Une question demeure centrale : sur quel budget seront prélevés les postes pour les dispositifs ULIS, l’enseignement en EREA et les enseignants spécialisés nécessaires à la mise en place des PAS ? Si nous saluons la création de nouveaux dispositifs ULIS dans le second degré, les efforts doivent s’intensifier face aux besoins croissants dans le premier degré. Concernant le poste proposé dans le premier degré, nous espérons que les demandes répétées des écoles pour accueillir un dispositif recevront enfin une réponse favorable, garantissant un suivi digne dans ces secteurs souvent délaissés.

Pour finir, la CFDT souhaite un suivi particulier à la rentrée des écoles, où la moyenne d’élèves par classe reste élevée. Monsieur le DASEN, les personnels et les élèves vosgiens ne sont pas des chiffres : ils attendent des actes et une ambition à la hauteur des enjeux.

 

Merci pour votre écoute