Moyens alloués au second degré pour la rentrée 2022 : des annonces trompeuses et des conditions de travail dégradées

Les annonces du Ministère concernant les moyens alloués au 2nd degré pour la rentrée 2022 ne sont clairement pas celles que le Sgen-CFDT espérait ! Ces annonces sont même trompeuses...

Le ministère a largement communiqué sur les moyens alloués au second degré aux académies pour la rentrée 2022. La carte diffusée dans la presse fait apparaître des moyens en hausse dans presque toutes les académies.

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Cette carte est pourtant trompeuse, car elle mêle les dotations en postes budgétaires et les moyens d’enseignement alloués aux académies. Or il y a une baisse de 440 postes. Cette baisse est “compensée” par 1255 équivalents temps plein sous forme d’heures d’enseignement… Ce tour de passe-passe permet d’afficher un bilan trompeur…

 

Voici en réalité la carte des moyens alloués au second degré aux académies pour la rentrée de septembre 2022 :

Trompeur car les moyens d’enseignement supplémentaires sont constitués par l’accueil des stagiaires qui effectueront soit un mi-temps (ceux titulaires d’un M2) soit un temps complet (ceux issus des M2 MEEF).
Comment ne pas s’interroger sur les conditions d’entrée dans le métier des lauréats qui n’auront comme expérience que des stages de pratique accompagnée et/ou en responsabilité ? Ils vont devoir assumer un poste à temps plein.
Comme si dès la deuxième année, on demandait à un.e infirmier.e de pouvoir exercer pleinement ses missions…

Comment s’étonner que la profession soit de moins en moins attractive ?

Le Sgen-CFDT a toujours revendiqué une prise de responsabilité progressive des entrants dans le métier couplée à des aller-retours entre théorie et pratique sur 2 ans.
Le relèvement du niveau du concours aurait pu le permettre mais le ministère a fait un autre choix en effectuant des économies budgétaires au passage tout en affichant un bilan à première vue flatteur.

Trompeur aussi car le mouvement de transformation d’heures postes en heures supplémentaires se poursuit. A la clé c’est une intensification du travail pour toutes et tous, une dégradation des conditions de travail.

Trompeur enfin car le ministère table de fait sur une augmentation du recours aux contractuel.le.s.
Pourtant cette année déjà les supports prévus pour des contractuel.le.s alternant.e.s n’ont pas tous été pourvus.
Cette année déjà, des rectorats ne parviennent pas à recruter les contractuel.le.s dont ils ont besoin pour que les élèves aient tout simplement les cours qui leurs sont dus.
Le résultat c’est que des élèves, à l’heure où nous écrivons n’ont pas eu cours dans certaines disciplines depuis le début de l’année scolaire 2021, en particulier dans les académies de Créteil et Versailles.
Le résultat, c’est que des personnels tentent de pallier l’incapacité de l’administration à couvrir tous les besoins d’enseignement et s’épuisent, subissant une charge de travail intenable, une charge mentale insupportable.
Cette dégradation objective du service public pèse sur l’ensemble des personnels :

enseignant.e.s, personnels de vie scolaire, personnels de direction et d’inspection, personnels administratifs qui n’en peuvent plus d’être empêchés de bien faire leur travail.