CDEN du 8 décembre 2017 – déclaration liminaire

A l'ordre du jour, bilan rentrée 2017 et préparation rentrée 2018. Ci-dessous notre déclaration liminaire sur : budget 2018, déploiement classes CP allégées au détriment des "maitres supplémentaires", rythmes scolaires, résultats enquête PIRLS, rapport CNESCO décrocheurs.

Sgen-CFDT Lorraine - logoDéclaration du Sgen –CFDT, CDEN du 8 décembre 2017

Madame l’Inspectrice d’Académie, Monsieur le Préfet, Monsieur le Vice-Président du conseil départemental, Mesdames et Messieurs les membres de ce comité,

Un budget Education Nationale 2018 préservé mais qui ne nous convient pas !

La tenue de ce CDEN ouvre la campagne de carte scolaire préparatoire à la rentrée 2018. A ce sujet, si le budget de l’Education nationale pour 2018 reste « préservé », les orientations présentées par le ministre en septembre ne sont pas rassurantes. Les créations de postes dans le 1er degré consacrées à la mesure phare du dédoublement des classes de CP en éducation prioritaire, se feront sur le budget du 2nd degré qui ne connaitra aucune création de postes. 200 postes de personnels administratifs seront aussi supprimés. Le nombre de postes aux concours 1er et 2nd degré sera fortement diminué, ce qui renforcera le recours à des enseignants contractuels et aux heures supplémentaires.

Le déploiement des classes de CP allégées ne peut se faire au détriment du dispositif plus de maitres que de classes

 

Un mot sur la mesure des CP à 12 : si elle favorise les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les classes concernées, elle aboutira à termes à la suppression du dispositif « Plus de maitres que de classes », véritable avancée pédagogique en matière de « travailler ensemble et autrement ». Pour le Sgen-CFDT, supprimer de manière précipitée et unilatérale un dispositif reconnu efficace, qui obtenait l’adhésion des équipes, n’est pas acceptable. A budget constant, c’est aussi les moyens de la formation continue des enseignants, pourtant fondamentale, qui seront une nouvelle fois sacrifiés.

Retour à la semaine de 4 jours, l’Etat se désengage sur un enjeu de société pourtant crucial, celui du temps de l’enfant…

Par ailleurs, au vue des retours de conseils d’écoles et des enquêtes menées auprès des parents d’élèves, il est fort à parier que la semaine de 4 jours reprendra largement sa place à la rentrée 2018. Plutôt que d’avancer sur le sujet en s’appuyant sur les enquêtes, rapports et les réussites observées, l’Etat se désengage sur un enjeu de société pourtant crucial, celui du temps de l’enfant. Du point de vue de l’enfant, le retour de la semaine de 4 jours nous ramènera à la situation de 2008 avec le sombre record du plus bas nombre de jours d’école par an de l’ensemble des pays de l’OCDE (144 jours contre 187 jours en moyenne). Les élèves subiront à nouveau des journées plus longues, plus chargées que la plupart des autres enfants dans le monde. Du côté des partenaires éducatifs, alors que se construisaient des synergies autour de l’idée de complémentarité éducative, cette mesure unilatérale est un mépris du travail partenarial engagé sur le terrain et des investissements faits par les acteurs, tant sur les plans humains que matériels.

Suppression des contrats aidés : Il faut désormais construire des solutions pérennes.

Ensuite, quelques mois après la rentrée, les craintes suscitées par la baisse des contrats aidés se traduisent sur le terrain. Il n’est donc pas possible de priver les écoles de ce soutien. Il faut désormais construire des solutions pérennes.

Le Sgen-Cfdt demande que les élus mettent tout en œuvre pour soutenir une école publique de qualité et ce, malgré les contraintes budgétaires et les changements incessants imposés par les différents Ministres de L’Education Nationale.

Enquête PIRLS : Ce n’est pas en uniformisant la classe et en niant le professionnalisme des personnels que nous surmonterons le défi qui est devant nous…

Un mot sur les récents résultats de l’étude Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) sur les capacités de compréhension des élèves en lecture. Dès leur diffusion, le ministre de l’Éducation nationale s’est empressé d’annoncer une série de mesures surprenantes sur le fond comme sur la forme. Pour le Sgen-CFDT, se saisir réellement des résultats de PIRLS est nécessaire. Pour le faire, il convient de se garder des effets d’annonces et du pilotage descendant. Ce n’est pas en uniformisant la classe et en niant le professionnalisme des personnels que nous surmonterons le défi qui est devant nous. Les recommandations des observatoires indépendants du système scolaire, les réflexions et outils proposés par les instituts de formation pédagogiques semblent oubliés. C’est pourtant d’un investissement important dans la formation continue et d’un accompagnement professionnel étroit des enseignants et des équipes, de mesures fortes de prévention de la difficulté au plus tôt dans la scolarité, que dépend une meilleure réussite de notre système éducatif.

Rapport CNESCO : la France a su faire baisser nettement le nombre d’élèves décrocheurs depuis les années 2000, en le ramenant en dessous de la moyenne européenne…

En contraste des résultats PIRLS vient le bilan positif d’une étude du CNESCO montrant que la France a su faire baisser nettement le nombre d’élèves décrocheurs depuis les années 2000, en le ramenant en dessous de la moyenne européenne. Le Sgen-CFDT s’en félicite et partage le constat de la présidence du CNESCO : « C’est la continuité dans le temps des politiques scolaires qui produit des effets ».

Merci de votre attention.